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Caisse bois et réglementation : la filière interpelle le Gouvernement

8 oct.
4 min de lecture

Le 18 août 2026, la question écrite n°17739, déposée par la députée de Gironde Marie Récalde, a été publiée au Journal officiel.

Adressée au ministère de la Transition écologique, elle interpelle directement le Gouvernement sur la situation de la filière française de la caisse bois et sur sa prise en compte dans la réglementation européenne sur les emballages.


Pour Alliance France Caisse Bois (AFCB), cette question marque une nouvelle étape : après avoir porté directement la voix du secteur à l’Assemblée nationale en février dernier, les enjeux défendus par la filière font désormais l’objet d’une interpellation officielle du Gouvernement.



De la rencontre au débat parlementaire

À l’initiative de la députée Pascale Got, cette rencontre avait permis de présenter les réalités et les enjeux d’un secteur encore trop peu connu : gestion durable des ressources, industrie locale, souveraineté économique, emplois et préservation d’un savoir-faire français.

Quelques mois plus tard, la question écrite n°17739 prolonge cette mobilisation. Elle pose clairement le problème : la réglementation doit-elle évaluer de la même manière des emballages dont les matériaux, les procédés de fabrication, les usages et les fins de vie sont profondément différents ?



Une réglementation qui doit reconnaître les spécificités de la caisse bois

Au cœur du sujet se trouve la réglementation européenne relative aux emballages et déchets d’emballages et, notamment, les futures obligations de recyclabilité.

La question parlementaire souligne une situation que l'AFCB défend depuis sa création : la caisse bois possède des caractéristiques propres qui doivent être prises en compte dans son évaluation environnementale.

Le bois est une matière première brute et renouvelable. Sa transformation en caisse nécessite peu d'eau et d'énergie. Les déchets de production des caisseries sont intégralement valorisés et les caisses connaissent elles-mêmes de nombreux usages après leur fonction initiale : réemploi, transformation en mobilier ou objets, valorisation énergétique…

La question posée au Gouvernement est donc fondamentale : comment reconnaître réglementairement cette capacité de réutilisation et de revalorisation plutôt que d'évaluer la caisse bois à travers le seul prisme du recyclage ?



Réduction, réutilisation, recyclage… et revalorisation

C'est l'un des points majeurs portés par la question n°17739.

La députée demande au Gouvernement d'intégrer la notion de « revalorisation d'un matériau renouvelable » dans les politiques publiques, aux côtés des principes de réduction, de réutilisation et de recyclage.

Pour la filière caisse bois, l'enjeu est considérable.

Car un emballage qui peut poursuivre sa vie sous une autre forme ne devrait pas être pénalisé simplement parce que sa fin de vie ne correspond pas à une logique classique de recyclage.

Revaloriser plutôt que détruire pour recréer : voilà aussi une forme de circularité qui mérite d'être reconnue.



Derrière la réglementation, 300 emplois et tout un savoir-faire

Le débat n'est pas seulement environnemental.

La question écrite rappelle également le poids économique d'une filière structurée autour des neuf caisseries réunies au sein d'Alliance France Caisse Bois, représentant près de 300 emplois et travaillant avec plus de 60 fournisseurs français.

Des TPE et PME qui perpétuent un savoir-faire à la frontière de l'artisanat et de l'industrie, directement lié à l'écosystème français des vins et spiritueux.

Une réglementation mal adaptée aux caractéristiques réelles de la caisse bois pourrait avoir des conséquences très concrètes. Le texte parlementaire relève d'ailleurs que certaines propriétés viticoles substituent déjà le carton au bois sous l'influence de critères de recyclabilité jugés insuffisamment adaptés aux spécificités de cet emballage.

Derrière une définition réglementaire, ce sont donc aussi des entreprises, des emplois et un savoir-faire qui sont concernés.



Protéger le vin fait aussi partie de l'équation

L'impact environnemental d'un emballage ne peut pas davantage être dissocié de sa fonction première : protéger ce qu'il contient.

Sur ce point, les performances de la caisse bois sont mesurables.

La question parlementaire rappelle les essais de compression réalisés par l'Institut technologique FCBA, qui mettent en évidence une résistance de la caisse bois 2,75 fois supérieure à celle du carton.

Pour des bouteilles appelées à être transportées, stockées, gerbées et parfois conservées durant de longues années, cette performance compte.

Un emballage responsable est aussi un emballage capable de protéger efficacement le produit et d'éviter sa détérioration.



Faire évoluer les règles pour faire des choix éclairés

Depuis sa création, Alliance France Caisse Bois porte une conviction : les différents matériaux d'emballage doivent pouvoir être évalués équitablement, sur la base de leurs caractéristiques réelles et de l'ensemble de leur cycle de vie.

La question écrite n°17739 donne aujourd'hui une nouvelle dimension à ce combat.

Elle demande notamment au Gouvernement quelles mesures il entend prendre au niveau européen pour que les caisses bois destinées aux vins et spiritueux puissent bénéficier d'une reconnaissance réglementaire tenant compte de leur caractère réutilisable et revalorisable.

Il appartient désormais au Gouvernement de répondre.



Pour AFCB, le message, lui, ne change pas : il ne s'agit pas d'opposer le bois aux autres matériaux, mais de donner à chacun les moyens de choisir sur la base de critères justes, transparents et comparables. La filière attend désormais qu'elle soit entendue dans les textes.

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